Guppy dans l’eau froide : voilà ce que j’ai voulu tester pendant l’été 2026, en laissant mes guppys dehors dans un poubellarium, sans chauffage ni protection particulière contre le froid. Voici ce qui s’est vraiment passé, avec les données météo officielles à l’appui, du 3 juillet au 9 septembre.
Le dispositif : mon poubellarium à guppys de l’été 2026
Le bac extérieur était une simple poubelle de 80 litres en plastique noir (modèle Truffaut), installée à l’ombre pour éviter la surchauffe en plein soleil. Ce bac tourne depuis trois ans, sans plante de bassin ajoutée, entretenu uniquement par complément d’eau, jamais de vidange complète ni de redémarrage.
Sa surface s’est rapidement couverte de lentilles d’eau, qui ont fait office de couverture naturelle et de garde-manger. Des aselles cohabitaient avec les guppys, nourries par les feuilles mortes tombant naturellement dans le bac. Je n’ai pas posé de moustiquaire tant que les poissons étaient dedans : les guppys jouent le rôle de prédateurs naturels des larves de moustiques, ce qui rend la moustiquaire inutile en leur présence (voir plus loin pour les périodes sans poissons).

Pourquoi tester la résistance du guppy dans l’eau froide
L’idée n’était pas de m’écarter du principe même du poubellarium. Chaque été, je sors mes guppys pour les extraire de la routine de l’aquarium et leur offrir, le temps d’une saison, une vie semi-sauvage en extérieur : c’est exactement ce que j’ai fait cette fois encore. Mais la chaleur particulièrement forte de cet été m’a donné l’occasion d’observer autre chose : comment des guppys, une espèce habituellement associée à une eau chauffée, réagissaient à des conditions extérieures non contrôlées, entre variations de température jour/nuit, absence totale de régulation et exposition aux éléments.
Autre variable à ne pas négliger : ce n’était pas un montage neuf, mais un écosystème déjà mature de trois ans. Cette maturité a probablement apporté une meilleure stabilité biologique face aux écarts de température. Difficile de dire si les guppys ont bien traversé la canicule puis le froid grâce à leur propre résistance ou grâce à cette stabilité du bac : sans doute un peu des deux.
L’été : les guppys face à la canicule
Les guppys sont sortis le 3 juillet 2026, en plein dans l’un des étés les plus chauds jamais enregistrés en France depuis 1900. D’après les relevés officiels de Météo-France (station Le Palais-sur-Vienne, à 5 km de mon domicile à Panazol), la température maximale a atteint 39,8 °C le 12 juillet. Sur l’ensemble de la période, 48 jours ont dépassé les 30 °C, avec une séquence continue de 18 jours consécutifs au-dessus de ce seuil entre le 3 et le 20 juillet.
Trois vagues de chaleur nationales se sont succédé sur l’été, totalisant 53 jours, dont environ 39 jours recoupent directement la période de présence des guppys dehors. Pour un poisson tropical, l’eau du bac n’a manqué ni de chaleur ni de protection contre le soleil direct, grâce à l’ombre portée par la haie qui borde l’emplacement du bac et à la couverture de surface des lentilles d’eau.
Le vrai tournant : quand l’eau devient froide pour les guppys
Ce qu’on retient souvent de cet été, c’est la chaleur, mais la donnée la plus utile pour un poubellarium, ce sont les nuits. Des nuits sous 16 °C sont apparues ponctuellement dès le début juillet, sans former de tendance. Le vrai basculement s’est produit fin août : à partir du 31 août, les nuits sous 16 °C se sont enchaînées sans interruption, dix nuits d’affilée jusqu’au 9 septembre, date de la rentrée des guppys. C’est cette bascule brutale, plus que la moyenne de l’été, qui a rendu le maintien à l’extérieur risqué.
Le rapatriement des guppys avant le froid
Le 9 septembre 2026, après 68 jours dehors (environ 10 semaines), les guppys ont été rentrés dans un bac séparé, un 180 litres en Walstad installé à l’intérieur. L’acclimatation s’est faite par la méthode du goutte-à-goutte sur environ une heure, pour limiter le choc thermique et chimique entre l’eau du bac extérieur et celle du bac intérieur.

Ce bac intérieur héberge par ailleurs un ancistrus, des crevettes et des escargots. Côté chauffage, le thermostat de la pièce est réglé à 19 °C : c’est la seule donnée fixe dont je dispose. L’eau, elle, doit plutôt osciller entre 19 et 20 °C, une légère hausse liée à l’éclairage du bac, allumé 8 heures par jour. Au moment où j’écris ces lignes, fin septembre, les températures restent encore hautes à Limoges : le bac tourne donc plutôt autour de 22-23 °C.
Bilan : les guppys ont-ils survécu au froid ?
Au retour, la population de guppys comptait des adultes et des juvéniles, au moins 5 jeunes ont été récupérés, preuve qu’une reproduction a eu lieu pendant l’été. Impossible en revanche de dire combien de naissances ont eu lieu au total : seuls les survivants comptent ici, et ce chiffre n’a pas pu être suivi dans un bac extérieur aussi peu contrôlé, le guppy étant vivipare : les petits naissent déjà formés, sans ponte ni éclosion à repérer.
Ce que je changerais pour la prochaine saison avec mes guppys
Pour la prochaine saison, deux changements simples : poser un thermomètre à min/max directement dans le bac extérieur (et dans le bac intérieur) pour avoir une vraie courbe de température de l’eau, plutôt que de se reposer uniquement sur la température de l’air mesurée par la station météo la plus proche. Et surveiller la bascule vers le froid dès la fin août plutôt qu’à la mi-septembre : c’est là, et non pendant la canicule, que la vigilance doit vraiment commencer.
Côté moustiques : avant l’introduction des poissons, l’absence de prédateur avait entraîné une prolifération de moustiques, notamment de moustiques tigres, dans mes poubellariums. La moustiquaire a donc sa place, mais uniquement pendant les périodes sans poissons. Une fois les guppys installés, ils mangent les larves (ce qui a été confirmé dans les faits), et la moustiquaire devient inutile, voire contre-productive puisqu’elle empêche ce contrôle naturel.

Je viens aussi de m’équiper d’une mallette de tests JBL (en gouttes) pour suivre les paramètres de l’eau, pH, KH, nitrites, nitrates, CO2 et fer, en plus de la température (le coffret ne couvre ni le GH ni l’ammoniac). Ces relevés viendront enrichir les mises à jour de mars et septembre 2027, pour documenter la stabilité chimique de l’eau et pas seulement le chaud et le froid.
Les limites de ce test sur le guppy en eau froide
Ce test n’a duré qu’une seule saison, sur un seul point de mesure météo, sans thermomètre dans l’eau elle-même. La température de l’air n’est pas la température de l’eau : le bac, à l’ombre, avec une masse d’eau qui amortit les variations, ne suit pas exactement les courbes de la station. Ce sont des tendances utiles, pas des mesures directes du bac.
Pour aller plus loin avec vos guppys
Pour connaître la plage de température de référence du guppy en aquarium chauffé, direction la fiche espèce guppy. Et pour choisir un compagnon d’aquarium compatible avec une eau non chauffée, le comparateur Bac Vivant permet de filtrer les espèces par besoin thermique.
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