Un aquarium low tech tient sans filtre grâce à un sol nutritif fin, beaucoup de plantes dès le premier jour et peu de poissons. Voici ma méthode pas à pas, avec les vrais chiffres de Diana Walstad et ce que je fais vraiment dans mes bacs.
Un aquarium low tech fonctionne sans filtre grâce à trois choses : un sol nutritif (environ 2,5 cm de terreau sous 2 cm de sable), beaucoup de plantes dès le premier jour, et peu de poissons. Les plantes prennent les déchets des poissons avant même les bactéries. Une fois le bac lancé, l’entretien se résume à tailler, remettre l’eau évaporée et changer l’eau deux fois par an.

Qu’est-ce qu’un aquarium low tech ?
Un aquarium low tech est un écosystème qui remplace le filtre par la biologie : un sol nutritif riche en bactéries, des plantes en masse qui absorbent les déchets, et une petite équipe d’invertébrés qui nettoie en continu. La méthode a été décrite par Diana Walstad, microbiologiste, dans son livre Ecology of the Planted Aquarium. Elle s’inspire directement d’un étang naturel.
Attention, « sans filtre » ne veut pas dire « zéro appareil ». Walstad n’a aucun filtre dans ses petits bacs à guppys (jusqu’à 75 litres environ). Dans ses bacs plus grands, elle garde un petit filtre immergé, simplement pour faire bouger l’eau : un mouvement d’eau modéré répartit la chaleur et l’oxygène, et il est bon pour les plantes (chap. X, section D). Une pompe ou un bulleur restent donc des accessoires utiles selon la taille du bac, pas le cœur du système.
🔍 Filtre ou pompe : quelle différence ?
Un filtre, c’est une boîte remplie de mousses où vivent des bactéries : il nettoie l’eau en transformant les déchets. Une pompe de brassage fait seulement bouger l’eau : sans mousse, elle ne filtre rien. Quand je dis « sans filtre », je parle du filtre biologique. Dans un aquarium low tech, ce sont les plantes et le sol qui font ce travail : c’est pour ça que je les appelle parfois ton « filtre vert ». Ma pompe du 180 litres est un ancien filtre, mais je l’ai vidé de ses mousses : il ne filtre plus, il brasse.
Regarde un étang sauvage. Personne n’y change l’eau tous les dimanches. Aucun filtre n’est branché sur un vieux chêne. Pourtant, l’eau reste claire et la vie foisonne. Le sol, les bactéries et les plantes travaillent ensemble. Un aquarium low tech transpose ça dans ton salon.
Un aquarium sans filtre n’est pas un bac « au rabais ». C’est un écosystème complet en miniature, où chaque élément joue son rôle.
Les 3 avantages d’un bac sans filtre
Le silence
Pas de filtre qui ronronne jour et nuit. Dans un petit bac, comme un nano sur un bureau, tu peux te passer de tout brassage : le volume est petit, et le seul bruit, c’est le clapotis d’un poisson qui vient gober quelque chose en surface.
Dans un grand bac, un peu de mouvement d’eau est conseillé, et ça reste silencieux. Sur mon 180 litres, j’utilise une petite pompe : c’est l’ancien filtre d’un kit de 60 litres, dont j’ai retiré toutes les mousses. Elle est si discrète que je dois regarder bouger l’eau, ou carrément la toucher, pour savoir si elle tourne.
Un risque de panne minimal
Dans un bac filtré, les bactéries vivent surtout dans le filtre. Quand il tombe en panne, elles manquent d’oxygène, et l’eau peut se dégrader vite. Dans un aquarium low tech, ce sont le sol et les plantes qui font le travail : il n’y a pas de moteur dont tout dépend.
Le seul appareil qui peut devenir vital, c’est le chauffage, si tu as des espèces tropicales comme le Betta. En choisissant des poissons d’eau tempérée (Tanichthys, Danio, crevettes), tu peux t’en passer.
Et côté facture, j’ai mesuré avec une prise connectée sur mon 120 litres : ajouter une pompe de brassage coûte environ 9 € de plus par an. Ce n’est pas énorme. Et si elle s’arrête, rien ne s’effondre : le sol et les plantes continuent leur travail. Le détail est dans mon audit de consommation électrique.
La sécurité pour tes habitants
Si tu as déjà eu un filtre interne, tu as sûrement déjà repêché des bébés guppys coincés derrière. Sans filtre, ce piège disparaît. Et si tu ajoutes une pompe dans un grand bac, choisis-la petite : le but est de faire bouger l’eau doucement, pas de créer un courant. Tes animaux vivent dans une eau calme.

Le vrai filtre de ton bac : les plantes
Si tu supprimes le filtre, qui nettoie l’eau ? Les plantes. Dans un aquarium low tech façon Walstad, la végétation n’est pas de la décoration : ce sont les poumons et les reins de ton écosystème.
Le cycle expliqué simplement
- Tes poissons rejettent leurs déchets sous forme d’ammonium.
- Les plantes prennent cet ammonium directement, avant même que les bactéries le transforment. Walstad l’explique : les plantes préfèrent l’ammonium aux nitrates (chap. II, sections C.2 et E).
- Résultat : il se forme peu de nitrites et peu de nitrates. Ses bacs à guppys, sans aucun filtre, tiennent des mois sans changement d’eau et sans nitrates (chap. VI, section F).
- En échange, les plantes libèrent de l’oxygène le jour.
Combien de plantes ? Je ne te donnerai pas de pourcentage magique. Walstad dit deux choses simples : utilise le plus d’espèces possible, et mets assez de plantes robustes dès le départ, parce que tout se joue les deux ou trois premières semaines (chap. X, sections C et D). Les plantes rapides comme le Ceratophyllum affament littéralement les algues en prenant les nutriments avant elles.

Comment créer un aquarium sans filtre pas à pas ? (6 étapes)
Voici ma méthode de A à Z. Pas besoin de vider ton compte en banque.
Étape 1 : roches et bois, posés sur le verre
On commence par la déco, quand le bac est encore vide et sec. Walstad est claire : les roches et le bois se posent directement sur la vitre du fond, jamais sur la terre (chap. X, section D). Une grosse pierre posée sur le sol empêche l’eau et l’oxygène d’y passer : dessous, la terre étouffe et peut tuer les racines.
Je te le dis franchement : comme beaucoup, j’ai fait l’erreur. J’ai mis le terreau, puis le sable, puis le décor par-dessus. Ne fais pas comme moi : la déco d’abord, sur le verre.
Je vais au plus simple, et je refuse le plastique : les épaves en résine et les plantes artificielles finissent par se dégrader.
Les roches. Pas besoin de piller une rivière (c’est interdit). J’utilise des pierres de jardin non calcaires, ou le reste de ma pouzzolane pour créer du relief. En revanche, pas de galets étalés sur le sol : Walstad les déconseille, la nourriture pourrit entre eux.
Le bois. Une racine trouvée en forêt (chêne, hêtre) peut faire l’affaire, à condition de la faire bouillir longuement pour retirer tanins et parasites. Le bois flotté ou les racines de mangrove sont des valeurs sûres.
Les cachettes. Un pot en terre cuite non verni, cassé en deux, fait la meilleure des grottes pour tes invertébrés ou tes cichlidés nains.
🧪 Le test du vinaigre : avant de mettre une pierre trouvée dehors, verse une goutte de vinaigre blanc dessus. Ça mousse ? Elle est calcaire et va durcir ton eau : à éviter pour la plupart des poissons. Rien ne se passe ? C’est une roche neutre (granite, ardoise, pouzzolane) : tu peux l’utiliser après un bon brossage.
Étape 2 : le sol nutritif (ton moteur biologique)
Le secret d’un aquarium low tech, c’est son sol. Ce n’est pas de la déco, c’est la station d’épuration. La matière organique s’y décompose lentement et nourrit les racines. Pas besoin de payer 30 € le sac de sol technique : on va au rayon jardinage.
Quel sol pour un aquarium low tech ?
Le meilleur sol pour un aquarium low tech est un terreau universel sans engrais chimique ni pesticide, recouvert d’une couche de sable. J’utilise tout simplement du terreau du commerce, marqué « Utilisable en Agriculture Biologique » (UAB) : c’est l’assurance qu’il n’y a pas d’engrais chimiques violents ou de pesticides. Walstad, elle, déconseille d’ajouter des engrais dans le sol : chez elle, un engrais aux nitrates a rendu ses poissons malades en une semaine (chap. VII, section G.4).
🌿 Pourquoi je dis non à la tourbe : je choisis un terreau « sans tourbe » (souvent à base de fibre de coco ou de bois). L’extraction de la tourbe détruit des tourbières sauvages, qui stockent énormément de carbone. Faire un aquarium naturel, c’est aussi respecter la nature hors du bac.
Ma recette, en 4 gestes
C’est ma façon de faire, pas une obligation :
- L’argile verte. Je saupoudre de l’argile verte au fond.
- La pouzzolane. Je mets une fine couche de pouzzolane (roche volcanique concassée). Sa structure poreuse évite que le sol se tasse comme une brique.
- Le tamisage. Je passe le terreau dans une passoire à gros trous pour retirer les gros copeaux de bois et les brindilles : j’ai peur qu’ils pourrissent. Walstad, elle, ne tamise pas : elle retire seulement les bâtons et les gros morceaux de bois à la main, et garde tout le reste. Pour elle, le mélange de grosses et de petites particules étale la décomposition dans le temps (chap. VII, sections G.1 et G.3). Autre astuce de sa part : mouille le sac de terreau la veille, la terre sera plus dense et flottera moins.
- Le terreau. J’étale environ 2,5 cm de terreau, seulement là où je vais planter. Walstad précise que les zones sans plantes n’ont pas besoin de terre (chap. X, section D).
Faut-il changer ce sol tous les ans ? Non. Walstad a des bacs qui tournent sur le même terreau depuis 6 à 8 ans : le mulm qui s’accumule recharge le sol (chap. VII, section G.3).
Quel terreau choisir, quelle épaisseur, combien de temps il tient : je détaille tout dans mon guide du sol nutritif pour aquarium.
Pouzzolane (roche volcanique concassée)
J’achète ma pouzzolane en jardinerie. Si tu préfères commander en ligne, celle-ci est une pouzzolane équivalente : sa structure poreuse évite que le sol se tasse.
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💡 L’alternative sans terre : si la terre te fait peur, ou pour un bac de reproduction, tu peux t’en passer. Mais un bac sans filtre ET sans terre est bien plus fragile. Il faut alors compenser, soit avec un filtre, soit avec une grande masse de plantes qui se nourrissent par les feuilles (flottantes, Ceratophyllum). C’est une autre technique, avec d’autres plantes : je l’explique dans mon guide des plantes pour aquarium sans substrat.
Combien ça m’a coûté ?
| Élément | Ce que j’ai acheté | Prix réel |
|---|---|---|
| Sol nutritif | Terreau bio UAB | 3,99 € |
| Sable | Sable de filtration piscine | 13,90 € |
| Plantes | Egeria + Ceratophyllum | 10 € |
| Escargots nettoyeurs | Planorbes | 2 € |
| Bac | 60 L d’occasion (annonce relevée, pas acheté) | environ 45 € |
| Total | Avec un bac d’occasion | environ 75 € |
Argile verte
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Étape 3 : le sable, le « bouchon » de sécurité
Le terreau ne doit pas rester à nu dans l’eau : il troublerait l’eau, et une terre éclairée favorise les algues. On le recouvre de sable.
Pourquoi du sable de piscine ? Pas besoin de payer le sable d’aquarium au prix fort : va au rayon piscine d’un magasin de bricolage. C’est du quartz, neutre chimiquement, environ 14 € les 25 kg.
Quelle épaisseur ? C’est le point où beaucoup de guides se trompent, et le mien aussi, avant cette mise à jour. Walstad est précise : 2 cm maximum pour du sable, ou 2,5 cm maximum pour du gravier fin de 2 à 3 mm (chap. X, section D). Le sable forme un bouchon plus serré que le gravier. Trop épais, il étouffe la terre, qui devient anaérobie et peut tuer les racines (chap. VII, section G.3).
La mise en œuvre. Rince le sable dans un seau jusqu’à ce que l’eau soit claire, puis dépose-le par poignées sur le terreau. Ne le verse pas d’un coup, tu ferais un cratère dans la terre. Lisse ensuite, comme un glaçage sur un gâteau.

Sable filtrant 25kg, quartz 0,4 à 0,8mm
La granulométrie exacte de ma recette (0,4 à 0,8mm) et un prix aligné sur ce que j’ai payé en magasin. C’est le sac que j’utilise pour sceller mon terreau.
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Étape 4 : les plantes, ton « filtre » vert
Dans un aquarium low tech, on n’achète pas de filtre : on le plante. Et si un jour tu utilises encore un filtre et qu’il tombe en panne, pas de panique : j’ai écrit le protocole pour gérer une panne de filtre sans perdre tes poissons.
La règle : beaucoup de plantes robustes dès le premier jour, et le plus d’espèces possible. Le terreau nourrit leurs racines avec ce qu’elles ne trouvent pas dans l’eau.
Ma liste « Commando » pour débuter (des plantes qui poussent vite) :
- Egeria densa : elle pousse à vue d’œil.
- Ceratophyllum : flottante ou plantée, une éponge à déchets.
- Cryptocoryne : pour s’enraciner dans ton terreau. Attention, elle fond souvent les premières semaines : c’est normal, lis que faire quand une plante fond avant de la jeter.
- Grenouillette (Limnobium) : une flottante qui tamise la lumière et rassure les poissons.
Pour planter dans le sable sans tout saccager, une pince courbe et des ciseaux d’aquascaping aident beaucoup.
Étape 5 : mise en eau et démarrage (le transfert de vie)
Remplis doucement, en versant sur une assiette pour ne pas creuser le sable. Ensuite, il faut rendre cette eau vivante.
Combien de temps avant les poissons ? Là, je vais être honnête avec toi. Walstad, avec un sol de terre, laisse tourner le bac une nuit et met ses poissons le lendemain : la terre apporte déjà les bonnes bactéries (chap. VII, section G.3). Moi, j’attends 8 semaines, par prudence, et je mets d’abord des escargots (voir l’étape 6). Les deux marchent. Ce qui compte, c’est de surveiller les poissons et les plantes, et de tester les nitrites si tu as un doute.
Les premières semaines, sois prêt à changer l’eau. La terre fraîchement immergée relâche beaucoup de nutriments, et Walstad prévient qu’un bac neuf peut demander des changements d’eau au début (chap. X, section D). C’est le seul moment où je te conseille d’en faire plus.
Accélérer avec le mulm. Si, comme moi, tu as déjà un bac sain (ou un ami aquariophile), tu peux donner un coup de pouce :
- Le prélèvement : récupère un peu de sable « sale » ou de dépôt de fond (le mulm) dans un aquarium établi. C’est un concentré de bactéries.
- L’inoculation : dépose ce « levain » dans le nouveau bac.
- L’eau : remplis avec une bonne moitié d’eau de l’ancien bac.

⚠️ Eau de mare : la règle du tamisage. Pour enrichir la vie du bac (infusoires, plancton), l’eau de mare est géniale, mais elle peut contenir des prédateurs (larves de libellules, dytiques). Je filtre toujours toute eau extérieure avec un tamis à artémia (maille 0,15 mm) : il laisse passer le plancton et bloque les larves.
Tamis à Artémia (maille 0,15 mm)
Mon outil pour filtrer toute eau extérieure (mare, ancien bac) : il laisse passer les bonnes bactéries et le plancton, mais bloque les prédateurs invisibles comme les larves de libellule.
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Nourrir la microfaune. J’ajoute des feuilles de catappa ou des fruits d’aulne. En se décomposant, ils deviennent un garde-manger naturel et teintent légèrement l’eau.

Feuilles de Catappa et pommes d’aulne
J’en ajoute pour nourrir la microfaune (infusoires, biofilm) et teinter légèrement l’eau. Un vrai garde-manger naturel pour les premières semaines de ton bac.
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🗓️ Que se passe-t-il dans ton bac, semaine par semaine ?
🗓️ Les premiers jours
Ce que tu vois : L’eau peut être légèrement trouble.
Ce qu’il faut faire : La terre se dépose. Si l’eau reste très trouble, un changement d’eau partiel aide.
🗓️ Première ou deuxième semaine
Ce que tu vois : L’eau devient parfois blanche ou laiteuse.
Ce qu’il faut faire : C’est souvent un bloom de bactéries : lis : eau blanche en aquarium.
🗓️ Les premières semaines
Ce que tu vois : De fines algues ou une pellicule brune.
Ce qu’il faut faire : C’est fréquent sur un bac neuf. Mais si l’eau elle-même devient verte, ce n’est pas bon signe : il manque des plantes. Lis : eau verte en aquarium.
🗓️ Ensuite ✅
Ce que tu vois : Les plantes font de nouvelles feuilles et prennent le dessus.
Ce qu’il faut faire : C’est le meilleur signe que ton aquarium low tech démarre bien.
Étape 6 : les habitants, ton équipe de nettoyage
Les invertébrés ne sont pas une option : c’est ton personnel d’entretien.
Les escargots, tes jardiniers invisibles :
- Les mélanoïdes : ces escargots coniques vivent dans le sol le jour et sortent la nuit. Ils remuent le sable et aèrent le substrat (Walstad, chap. X, section D).
- Les planorbes : avec leur coquille en spirale plate, ils mangent les restes de nourriture et les feuilles mortes.
- Les physes : souvent arrivées « clandestinement » avec tes plantes, ne les jette pas. Elles glissent la tête en bas sous la surface et mangent le voile gras qui s’y forme.
- Les crevettes Red Cherry : des jardinières de précision qui traquent les débuts d’algues sur les mousses.
💡 L’astuce anti-panique : tu as « trop » d’escargots ? C’est souvent que tu donnes trop à manger. Réduis un peu la nourriture : la population se régule toute seule.
Le « crash test » avant les poissons. Avant les poissons, je mets des escargots (planorbes). S’ils sont vifs et se baladent, le bac est sain. S’ils restent rétractés, attends encore.
Ton bac est stable et tes escargots se baladent ? C’est le signal vert. Pour savoir combien de poissons mettre dans un 60 L ou un 80 L, je te donne la liste complète.
Quel poisson peut vivre sans filtre ni pompe ?
Les poissons qui vivent le mieux dans un aquarium low tech sont des espèces d’eau tempérée, qui produisent peu de déchets et aiment les eaux calmes. Voici ma sélection :
- Tanichthys albonubes (néon du pauvre) : eau tempérée, aucun chauffage, très robuste.
- Danio rerio (poisson zèbre) : nageur actif, il s’adapte bien à un bac planté sans brassage.
- Corydoras (aeneus, panda) : fouisseurs paisibles, ils profitent du sol vivant.
- Crevettes Red Cherry : aucune exigence de filtration, parfaites dans l’équipe de nettoyage.
Ce qu’ils ont en commun : peu de déchets, et pas besoin d’un courant fort. Pas sûr qu’une espèce convienne ? Utilise mon comparateur de compatibilité, ou mon guide pour choisir tes poissons.
Les 7 erreurs à éviter au démarrage d’un aquarium low tech
- Trop peu de plantes. Quelques brins ne suffisent pas. Vise une vraie jungle dès le premier jour.
- Trop de poissons, trop vite. Commence par les escargots, puis peu de poissons. Une charge modérée pardonne beaucoup plus (Walstad, chap. X, section D).
- Du gravier sans terre. Sans couche nutritive, tes plantes finissent par avoir faim.
- Un sable trop épais. Au-delà de 2 cm, il étouffe la terre.
- Des roches posées sur la terre. Pose-les sur le verre, avant le sol.
- Changer l’eau sans arrêt, une fois le bac établi. Au début, oui, si besoin. Ensuite, les changements fréquents sont inutiles (Walstad, chap. X, section D).
- Paniquer devant les algues du premier mois. C’est fréquent sur un bac neuf. Laisse le temps aux plantes de prendre le dessus, et ajoute-en si besoin.
« L’eau ne va pas devenir sale ? »
C’est l’inquiétude n°1 des débutants. La réponse est non, à condition de respecter les règles. Un aquarium low tech bien conçu repose sur des processus biologiques constants, pas sur une machine qui peut tomber en panne.
Les premières semaines, l’eau peut se troubler. Pas de panique : surveille tes poissons, et si le trouble dure ou si les poissons montent respirer en surface, fais un changement d’eau partiel. C’est exactement ce que conseille Walstad pour un bac neuf sur terre.
L’entretien : moins de corvées, plus d’observation
Soyons clairs : un bac où l’on ne fait strictement rien finit en marécage. Si tu veux t’en approcher au maximum, lis mon dossier sur le vrai aquarium sans entretien. Dans un aquarium low tech, je parlerais plutôt d’entretien intelligent.
Ton travail n’est plus de nettoyer, mais d’observer :
- Les plantes poussent ? Tu tailles.
- L’eau s’évapore ? Tu la remets.
Comparatif des tâches d’entretien
| Tâche | Aquarium classique | Aquarium low tech |
|---|---|---|
| Changement d’eau | Hebdomadaire (20 à 30 %) | Deux fois par an |
| Nettoyage du filtre | Mensuel | Inexistant |
| Ajout d’engrais | Quotidien ou hebdomadaire | Aucun chez moi |
| Taille des plantes | Variable | Régulière (les plantes rapides poussent vite !) |
Changement d’eau : est-ce nécessaire ?
Peu. Je change l’eau deux fois par an, en janvier et en juillet, ou si j’ai un souci dans le bac. Walstad, elle, change 25 à 50 % de l’eau tous les 3 à 6 mois (chap. X, section D). Entre les deux, je remets seulement l’eau évaporée, avec l’eau du robinet : je t’explique pourquoi dans mon article sur l’aquarium qui perd de l’eau.
Le seul vrai travail, c’est le jardinage : quelques minutes de taille, bien loin de la corvée de nettoyage d’un filtre.

🧪 Tu veux voir la preuve en conditions réelles ?
J’ai testé ma méthode de nettoyage pendant 6 mois sur mon 180 L.
Spoiler : le mulm est ton allié, pas ton ennemi.
Prêt à créer ton écosystème ?
Un aquarium low tech n’est pas un compromis. C’est un choix : collaborer avec la nature plutôt que la dominer.
Tu as maintenant la recette complète : des roches sur le verre, un sol nutritif fin, beaucoup de plantes, une équipe de nettoyage et de la patience. C’est moins cher, plus beau, et bien plus gratifiant que de brancher une prise. Si tu veux comprendre la science derrière tout ça, lis ma page sur la méthode de Diana Walstad, ou découvre le livre lui-même sur le site de Diana Walstad.
Une question pendant ton démarrage ? Dis-moi en commentaire où tu en es : on regarde ensemble.
FAQ : Tes questions fréquentes
Toutes les réponses sur l'aquariophilie Low-tech, en un seul endroit.

Merci beaucoup pour ce site très complet ! Je souhaite me lancer dans un aquarium sans filtre (ça sera mon premier) et cet article est une mine d’information !
Bonjour Pit et bienvenue dans l’aventure du Low-tech !
C’est un excellent choix pour un premier aquarium : c’est une méthode passionnante et très respectueuse du vivant. Prends bien le temps de suivre les étapes de l’article, en particulier pour la plantation qui doit être très dense dès le départ (vise environ 70 % de couverture de ton sol). As-tu déjà une idée du volume de ton futur bac ou des plantes que tu aimerais y installer ? N’hésite surtout pas si tu as la moindre question pendant ton démarrage !
Merci beaucoup pour ce site très instructif. J’ai eu un aquarium classique pendant quelques années jusqu’à ce que à un retour de vacances je trouve tous mes poissons morts suite à un PB électrique . Aujourd’hui j’ai envie d’un aquarium naturel sans filtre ni chauffage ( juste un petit bulleur sur clé USB ) Pour l’instant il n’y a que des plantes et des planorbes récupérées dans mon bassin extérieur . Je compte y ajouter des crevettes et quelques tanichtys ; est-ce compatible?
Merci Lily pour ton message ! Les Tanichthys sont un très bon choix pour un bac sans chauffage : ils vivent entre 14 et 22 °C. Prévois un banc d’au moins 10, dans un bac de 60 litres minimum avec 60 cm de façade. Tout est sur leur fiche : https://aqualowtech.com/tanichthys-albonubes/
Tu fais bien de commencer par les plantes et les planorbes : moi, j’attends 8 semaines avant les premiers poissons. Quel est le volume de ton bac ? Tu peux aussi tester ta population avec les crevettes dans le Bac Vivant, depuis la fiche (bouton « Ajouter à mon bac »).